Retour d'événement — ALL IN 2026, Montréal, 16 et 17 septembre
Somtech Solutions
Il y a des événements qu'on quitte avec une pile de cartes professionnelles, et d'autres qu'on quitte avec une idée plus claire. ALL IN 2026, tenu à Montréal les 16 et 17 septembre derniers, aura été les deux pour Somtech Solutions. Les deux cofondateurs de l'entreprise, Bruno Potvin et Maxime Leboeuf, y ont passé les deux journées complètes — salons, kiosques, conférences, rencontres — avec l'objectif assumé de prendre la mesure d'une industrie qui bouge vite.
Le constat qu'ils en ramènent, ils le posent d'emblée : ce que plusieurs conférenciers décrivaient au futur, comme un horizon souhaitable, Somtech est déjà en train de le construire. Peu d'acteurs semblaient s'y être engagés aussi profondément — et surtout aussi près du terrain des PME. L'entreprise est donc repartie de Montréal avec sa direction confirmée plutôt que remise en question : déployer des usines IA dans les PME québécoises, pour qu'elles atteignent une souveraineté numérique qui ne s'arrête pas à l'adresse de leurs serveurs.
Deux jours à prendre le pouls
Le rendez-vous canadien de l'intelligence artificielle rassemblait cette année des figures reconnues du domaine et un nombre considérable de fournisseurs. Pour une jeune entreprise, c'est l'occasion rare de voir en deux jours ce qu'on mettrait des mois à recenser autrement : qui offre quoi, sur quelles briques, à quel prix, avec quel niveau de maturité réelle derrière la démonstration.
Les deux cofondateurs ont donc fait le tour — au sens propre. Fournisseurs d'infrastructure, plateformes, outillage, partenaires potentiels. Plusieurs discussions amorcées sur place se poursuivront dans les prochaines semaines.
Ce dont l'industrie parlait vraiment
Côté conférences, la programmation disait quelque chose de l'état du marché. On n'y parlait plus beaucoup de ce que l'IA pourrait faire un jour ; on y parlait de sécurité de l'information, de gouvernance des systèmes d'IA, et de l'optimisation de la consommation de jetons — un sujet très terre à terre, qui trahit une industrie passée de la démonstration à l'exploitation, avec ses factures et ses arbitrages.
Et par-dessus tout ça, un thème traversait à peu près toutes les salles : la souveraineté numérique.
C'est là que le décalage est apparu.
Une souveraineté à moitié définie
Quand les conférenciers parlaient de souveraineté, ils parlaient presque toujours de la même chose : les données. Où sont-elles hébergées ? Sous quelle juridiction tombent-elles ? Qui peut y accéder ? Des questions légitimes et nécessaires — mais qui ne couvrent qu'un étage du problème.
Il était beaucoup plus rare d'entendre qu'une entreprise a aussi intérêt à être souveraine sur ce qu'elle construit : ses applications, ses logiciels, ses agents d'intelligence artificielle. Sur la capacité de les développer à l'interne, d'en rester propriétaire, et de faire en sorte qu'ils travaillent dans la culture de l'entreprise plutôt que dans celle d'un éditeur.
La distinction n'est pas cosmétique. Une PME peut très bien héberger toutes ses données au Québec et demeurer entièrement dépendante d'un fournisseur pour la moindre modification de ses outils.
L'usine IA : reprendre le contrôle du département TI
C'est exactement la vision que Somtech s'apprête à déployer chez ses premiers clients dans les prochaines semaines : l'usine IA. Et c'est ici que l'entreprise se différencie des autres acteurs du marché — pendant que la concurrence cherche encore à vendre des produits, Somtech vend une capacité.
Le principe est d'installer chez le client une capacité de production plutôt qu'un produit. L'usine développe les outils métiers dont l'entreprise a besoin, et le client en demeure propriétaire — code, base de données, propriété intellectuelle. Mais elle ne s'arrête pas aux applications : elle gère la documentation de l'entreprise, produit des documents et des graphiques, et sert de tableau blanc pour décortiquer un processus qu'on cherche à améliorer.
Elle prend ainsi en charge le département des technologies de l'information tout en conservant, en continu, la connaissance et le contexte de l'entreprise. C'est là que se loge l'ADN : les données, la documentation et les processus ne sont pas des pièces jointes envoyées à un fournisseur, ce sont les matériaux mêmes de l'usine.
Pour le dirigeant, l'usine finit par devenir un adjoint numérique. Un interlocuteur avec qui réfléchir quand il faut trancher une décision, revoir un positionnement ou repenser une façon de faire. Et surtout, un interlocuteur qui se souvient : une fois la documentation bien implantée, l'entrepreneur peut interroger son usine sur sa propre entreprise — quelles décisions ont été prises, pour quelles raisons, est-ce que ces raisons tiennent toujours, et comment les faire évoluer sans perdre l'essence de la maison.
Où se fait la réflexion
Reste une question que ces deux jours ont rendue très concrète, et qui bougera beaucoup dans les prochaines années : l'endroit où la réflexion se fait. Chez Somtech, on en compte trois.
Le premier, ce sont les grands modèles mondiaux — Gemini, Anthropic, OpenAI. Le deuxième, c'est une option de souveraineté québécoise : des serveurs d'inférence opérés par Somtech, où l'ensemble du raisonnement s'effectuerait sur une infrastructure entièrement située au Québec. Somtech n'en exploite pas encore ; l'hypothèse était déjà à l'étude avant l'événement, et ces deux journées ont confirmé qu'elle doit entrer dans l'offre à très court terme. Le troisième, c'est l'inférence 100 % locale, une infrastructure d'inférence entièrement dédiée à une seule entreprise, pour ses tâches les plus critiques.
Le choix n'est pas binaire, et il ne se prend pas une fois pour toutes. La conservation des données est un enjeu crucial, et y répondre exige aujourd'hui une gestion hybride. C'est pourquoi les modèles ouverts occupent une place grandissante dans les travaux de Somtech : beaucoup de temps est consacré à évaluer les modèles disponibles et à bâtir un système de routage capable de diriger chaque tâche vers le bon endroit, selon sa complexité et sa nature.
Concrètement, Somtech disposera dans sa propre infrastructure d'inférences capables de porter la plupart des opérations complexes liées à la gestion d'un système d'information. Aucun modèle ouvert actuel ne rivalise cependant avec les meilleurs modèles mondiaux sur les raisonnements profonds : pour ces cas-là, il faudra continuer d'y recourir. Et pour les cas critiques ou sensibles qui n'exigent pas des capacités de traitement extrêmes, des inférences locales dédiées à l'organisation prendront le relais.
C'est aussi ce qui ouvre le pas suivant, et pas le moindre : entraîner des modèles ouverts sur la réalité interne d'une entreprise — sa documentation, ses processus, son vocabulaire, ses façons de faire — et les faire tourner localement, chez elle. Le modèle apprend le métier sans que les données servant à l'entraîner sortent de l'organisation. C'est sans doute la forme la plus aboutie de la souveraineté dont il est question ici : l'entreprise ne décide pas seulement où se fait la réflexion, elle décide aussi de ce qui réfléchit — et ce qui réfléchit porte son ADN.
Ces deux journées auront d'ailleurs servi à valider sur le terrain les formes que peut prendre cette inférence : l'infonuagique, la location de capacité de calcul, ou l'achat direct d'équipement pour tenir un environnement entièrement local. Avec une observation qui n'est pas anodine — à ALL IN, la question de l'inférence se posait au niveau des fournisseurs, presque jamais à celui des PME. Personne n'abordait le problème du point de vue de l'entreprise de trente employés qui devra, elle aussi, décider où se fait sa réflexion.
Choisir à qui on se branche
Il y a une conséquence à tout cela, et c'est peut-être la plus sous-estimée. Une entreprise qui contrôle son code, ses données, ses agents et son inférence contrôle aussi ses connexions.
Elle décide avec quels systèmes elle veut dialoguer. Elle peut ouvrir une API ou un serveur MCP pour que ses agents collaborent avec ceux d'un fournisseur ou d'un client. Elle n'a plus à attendre qu'un éditeur externe accepte — ou refuse — de développer l'intégration dont elle a besoin. La souveraineté cesse alors d'être défensive : elle devient une capacité à se connecter au reste de son écosystème selon ses propres termes.
Ce qui vient maintenant
Le travail, pour Somtech, n'est donc pas de changer de cap mais de l'exécuter : les premières usines IA chez des clients dans les prochaines semaines, et une option d'inférence québécoise à monter à très court terme.
Le débat sur la souveraineté numérique, lui, continuera de se tenir dans les salles de conférence. Il se réglera dans les PME.
Somtech Solutions accompagne les entreprises dans l'atteinte de leur souveraineté numérique en déployant une usine IA qui leur permet de reprendre le contrôle de leur département TI. Si la question « par où on commence » vous intéresse, parlons-nous.